Arsenal ETA découvert chez Sokoa : quand le terrorisme frappait la France
En novembre 1986, une opération policière d'envergure révélait l'ampleur de l'infiltration terroriste sur notre territoire. Dans les sous-sols de l'entreprise Sokoa à Hendaye, les forces de l'ordre découvraient un véritable arsenal de guerre appartenant à l'ETA, organisation terroriste basque espagnole.
Une opération d'envergure contre le terrorisme
Le 5 novembre 1986, à l'aube, 150 CRS investissent le siège de la fabrique de meubles Sokoa, rue de Béhobie à Hendaye. Cette entreprise emblématique du Pays basque, fondée en 1971 par François Noblia et spécialisée dans le mobilier de bureau, cache en réalité une base arrière terroriste.
La perquisition, menée avec minutie, révèle rapidement l'existence de deux caches. Si celle des combles est vide mais aménagée, celle des sous-sols renferme un arsenal considérable : des centaines d'armes, grenades, pistolets-mitrailleurs, munitions, et surtout deux lance-missiles sol-air avec leurs projectiles.
Le trésor de guerre de l'ETA démasqué
Les enquêteurs découvrent également des devises en francs et en pesetas, des monnaies étrangères, des cahiers et classeurs contenant des comptes rendus d'actions armées, des plans de bâtiments officiels à Madrid et Barcelone, de fausses pièces d'identité, des gilets pare-balles et des uniformes.
Onze personnes sont interpellées, dont le PDG François Noblia et José-Luis Arrieta, réfugié basque espagnol soupçonné d'être un responsable financier de l'ETA militaire. Les autorités estiment avoir saisi une part importante du trésor de guerre de l'organisation terroriste, alimenté notamment par l'impôt révolutionnaire prélevé sous la menace.
Une infiltration des services secrets espagnols
L'origine de cette découverte illustre l'efficacité de la coopération antiterroriste. Les services secrets espagnols avaient monté une opération d'infiltration : deux missiles SAM7 de fabrication soviétique, récupérés par la Guardia Civil et équipés d'un dispositif de localisation, ont permis de remonter jusqu'à la cache d'Hendaye.
Cette révélation souligne la dimension internationale de la lutte contre le terrorisme et la nécessité d'une coopération étroite entre services de sécurité européens.
Justice rendue, ordre restauré
Le procès s'ouvre le 22 juin 1989 devant le tribunal correctionnel de Paris. José Arrieta, reconnu coupable d'avoir creusé et alimenté la planque, est condamné à cinq ans de prison. François Noblia, qui contestait toute participation et affirmait ignorer l'existence de la cache, bénéficie du doute et est relaxé.
L'affaire Sokoa demeure un symbole de la fermeté nécessaire face au terrorisme. Elle rappelle que la sécurité de notre territoire et de nos concitoyens exige une vigilance constante et des moyens d'action à la hauteur des menaces.
Cette affaire illustre parfaitement les défis sécuritaires auxquels la France a dû faire face dans les années 1980, et la détermination de nos forces de l'ordre à protéger l'intégrité du territoire national contre toute forme d'infiltration terroriste.