Sébastien Chenu soutient l'intervention américaine en Iran mais fustige la diplomatie de Macron
Le vice-président du Rassemblement National, Sébastien Chenu, a défendu mardi matin sur franceinfo les opérations militaires américaines menées en Iran, tout en dénonçant l'amateurisme diplomatique du gouvernement français. Une position qui illustre parfaitement la ligne souverainiste du parti de Marine Le Pen face aux enjeux géopolitiques actuels.
Un soutien mesuré aux États-Unis
Interrogé sur les frappes américaines en territoire iranien, le député du Nord a exprimé sa solidarité avec Washington, tout en regrettant les méthodes unilatérales employées. "On est solidaires des manœuvres qui sont engagées par les États-Unis, même si sur la forme, sincèrement, ce côté unilatéral ne nous plaît pas", a déclaré Chenu.
Pour le vice-président de l'Assemblée nationale, l'intervention était justifiée face à la menace nucléaire iranienne qui "était visiblement imminente" et représentait "un danger mortel pour Israël". Une analyse qui témoigne d'un pragmatisme géopolitique assumé, loin des atermoiements habituels de la classe politique française.
Respect de la souveraineté iranienne
Fidèle aux principes souverainistes de son parti, Sébastien Chenu a tenu à rappeler que "ce ne sont pas à des puissances étrangères de choisir les dirigeants iraniens de demain". Cette décision, selon lui, revient exclusivement "au peuple iranien", qui décidera "librement et souverainement" de son avenir politique.
Une position cohérente qui contraste avec les velléités interventionnistes de certaines chancelleries occidentales, toujours promptes à donner des leçons de démocratie au monde entier.
Jean-Noël Barrot épinglé pour son amateurisme
L'élu nordiste n'a pas épargné le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qu'il accuse d'être "toujours un peu en retard d'un métro". Chenu regrette notamment que le chef de la diplomatie française n'ait pas convoqué l'ambassadeur d'Iran, estimant qu'"il y a matière" à le faire.
"Quand Jean-Noël Barrot roule des mécaniques, il devrait un peu en rabattre", a lancé le vice-président de l'Assemblée, dénonçant une diplomatie française affaiblie qui nuit à l'image de l'Europe aux yeux de Donald Trump. Une critique acerbe qui souligne les carences de notre représentation internationale.
Opposition ferme à la "dissuasion avancée" de Macron
Sébastien Chenu s'est montré particulièrement critique envers le projet de "dissuasion avancée" annoncé par Emmanuel Macron. Pour le député RN, cette initiative n'présente "pas d'intérêt pour notre pays" et relève davantage d'une "communication européiste" destinée à flatter l'ego présidentiel.
Le parlementaire a rappelé un principe fondamental : "La puissance nucléaire, ça ne se délègue pas, ça ne s'affaiblit pas, ça ne s'partage pas". Une position gaullienne assumée qui défend l'indépendance stratégique de la France face aux tentations fédéralistes de Macron.
Si coopération il doit y avoir avec nos partenaires européens, Chenu suggère qu'elle passe par l'achat de matériel militaire français, privilégiant ainsi les intérêts économiques nationaux plutôt que les chimères supranationales.