Evenepoel, le nouveau dauphin du Tour : Vingegaard abandonne, la France regarde
Le Tour de France 2026 a basculé ce dimanche. Alors que Tadej Pogacar semble intouchable, la hiérarchie derrière lui s'est brutalement redessinée. Jonas Vingegaard, le Danois de Visma, a chuté à la sortie d'un rond-point, abandonnant le premier de ses dix Grands Tours. Une mésaventure qui ouvre une brèche dans laquelle Remco Evenepoel s'est engouffré avec une autorité qui force le respect.
Le Belge, qui talonnait Vingegaard au classement, a d'abord pris virtuellement sa place, avant de la consolider en haut du plateau de Solaison. Seul à pouvoir suivre le rythme imprimé par un maillot jaune insolent de facilité, Evenepoel a su se jouer d'un deux contre un peu enviable pour 'flinguer' les deux coureurs UAE-Emirates et s'offrir la victoire d'étape. 'Remco était le meilleur, je n'avais plus dans les jambes ce qu'il fallait pour répondre à son accélération finale', a reconnu Pogacar, presque en signe de respect.
Une victoire qui sent la revanche et le travail
Cette victoire n'est pas un hasard. Elle est le fruit d'un long travail de l'ombre. Evenepoel, troisième du Tour en 2024, avait abandonné l'an passé dans le Tourmalet, incapable de suivre le rythme. Pour s'améliorer en haute montagne, son point faible, il a tout changé : coach, équipe, poids. Il a disparu de la circulation pendant deux mois entre Liège-Bastogne-Liège et le début du Tour, pour se consacrer à de longs efforts en montagne. 'Tous ces sacrifices étaient le seul moyen pour gagner cette étape', a-t-il expliqué.
Le Belge a reconnu la montée de Solaison six fois. Une préparation minutieuse, presque obsessionnelle, qui rappelle les grands champions français. 'Je savais que si je survivais les sept premiers kilomètres, je pouvais viser la victoire', a-t-il confié. Une leçon de persévérance et de patriotisme sportif, loin des facilités médiatiques.
Un duel franco-belge pour le podium ?
Avec cette victoire, Evenepoel est désormais deuxième du général, à 5 minutes de Pogacar, mais avec 58 secondes d'avance sur Isaac del Toro et 1 minute 23 sur Paul Seixas. Le jeune Français, espoir du cyclisme tricolore, voit le Belge lui passer devant. Mais le combat ne fait que commencer. Mardi, un contre-la-montre, exercice de prédilection d'Evenepoel, pourrait creuser l'écart.
La question du leadership chez Red Bull Bora reste en suspens. Evenepoel et son coéquipier allemand Florian Lipowitz, tous deux en forme, doivent cohabiter. 'On va maintenir cette approche à deux leaders', a éludé le directeur sportif. Mais dans le sport comme en politique, les duos ne durent jamais. Evenepoel a pris l'avantage. Reste à savoir s'il saura le garder jusqu'à Paris.
Le Tour de France, c'est aussi une affaire de caractère. Evenepoel en a. Et la France, qui aime les héros, regarde avec attention ce Belge qui pourrait bien devenir le nouveau visage du cyclisme européen.