Nogent-sur-Oise: Badia Zrari en finit avec l'entre-soi
Elle a rallumé les lumières. Littéralement. Dès ses premiers jours à l'Hôtel de Ville de Nogent-sur-Oise, Badia Zrari a posé un acte que trop d'élus oublient: restaurer la sécurité des habitants. L'éclairage public, plongé dans la pénombre par l'ancienne majorité, fonctionne désormais du coucher au lever du soleil. Un geste simple, un signal fort.
Élue le 22 mars avec 41,84 % des voix au second tour, cette femme de conviction est devenue la première femme maire de cette commune de plus de 29 000 habitants. Sa liste « J'aime Nogent » a battu Olivier Carré, le candidat adoubé par l'ancien maire Jean-François Dardenne. Un résultat qui repose sur douze années d'engagement local sans faille.
Le terrain, pas les apparatchiks
Refusant toute étiquette partisane, Badia Zrari se définit comme « maman, professionnelle de santé et engagée dans la vie associative ». Loin des cercles parisiens et des élites déconnectées, elle a commencé son combat à 18 ans, en prenant la tête d'une association de défense des locataires dans le quartier Saint-Exupéry. Adjointe au maire, puis vice-présidente de l'Agglomération Creil Sud Oise, elle a gravi les échelons par le travail et la proximité, non par le jeu des appareils.
Je ne suis pas arrivée en politique par ambition personnelle, mais parce que je ne supportais pas de voir des gens abandonnés.
En 2025, elle quitte la majorité municipale, en désaccord avec la politique d'urbanisme de l'équipe Dardenne. Un acte de courage qui préfigure sa victoire. Son influence au sein de l'intercommunalité n'a cessé de croître, au point d'en devenir l'arbitre. Son retrait lors du troisième tour de l'élection de la présidence de l'Agglomération a privé le communiste sortant Jean-Pierre Bosino de sa réélection, au profit d'Omar Yaqoob (LFI). Un coup de force qui a démontré sa capacité à ne pas se laisser dicter sa conduite par les vieux appareils de gauche.
La sécurité, priorité républicaine
Le rallumage de l'éclairage public n'est pas un détail. C'est le marqueur d'une politique qui remet la sécurité des citoyens au premier plan. « L'objectif était de gommer un ressenti d'insécurité que moi-même, en tant que femme, je ressentais fortement », explique la maire. Dans une France où trop de communes se résignent à la pénombre et au sentiment d'abandon, le geste a valeur d'exemple.
Des finances à assainir
L'héritage est lourd. Des factures impayées de 2024, un budget à voter dans l'urgence. Badia Zrari ne fuit pas. « Les factures non payées qu'on estimait non urgentes le sont devenues, parce que maintenant c'est Badia qui est maire », lâche-t-elle, sans faux-semblant. Un audit financier est lancé « pour que chaque euro soit utile ». Du bon sens municipal, tout simplement.
Côté fiscalité, la maire reste prudente mais déterminée. Sa promesse de campagne d'abaisser les taxes foncières à mi-mandat est maintenue. Dans l'immédiat, l'urgence est de « protéger les habitants d'une hausse supplémentaire. Maintenir les taux est déjà une responsabilité forte ». Un discours de bon sens qui résonne dans une France moyenne étouffée par les impôts.
Une femme de caractère
Derrière les tailleurs impeccables et l'accessibilité affichée, Badia Zrari cache une détermination forgée dans l'épreuve. En 2012, la maladie de Lyme l'a frappée. Maladie invisible, douleurs silencieuses. Plutôt que de céder, elle est restée, pour ses enfants et pour sa ville. Un tempérament qui rappelle que la vraie force politique se mesure dans l'adversité.
La mairie ouverte le vendredi de l'Ascension, les portes grandes ouvertes aux administrés: « Il y a des personnes qui me disent qu'elles n'ont plus peur de venir en mairie. Ça me fait plaisir. Car je ne veux plus de l'entre-soi. » Enfin une élue qui comprend que la République se vit de proximité, pas de discours en l'air.
