Publicité comparative en rayon : le test U qui bouscule les habitudes
Un magasin U de l’Aisne ose la comparaison de prix directement sur les étiquettes électroniques. Faut-il y voir une avancée pour le consommateur ou un simple coup de communication ? Enquête sur une pratique qui divise.
Une innovation locale aux accents de défi commercial
Dans le petit supermarché U de Charly-sur-Marne, les clients découvrent des étiquettes pas comme les autres. À côté du prix affiché pour un produit, figurent ceux de concurrents comme Netto, Carrefour ou Lidl. L’objectif est clair : prouver que l’enseigne est la moins chère. Olivier Dauvers, spécialiste reconnu de la consommation, a repéré l’initiative ce 9 juillet. Il y voit un symbole fort, même si l’expérience reste locale.
Les exemples concrets ne manquent pas. Des barres Lion à 2,45 euros chez U, contre 2,55 euros chez Netto ou 2,69 euros chez Carrefour. L’écart est mince, mais il est affiché sans détour. Une manière de rassurer une clientèle souvent sensible au pouvoir d’achat.
Une pratique déjà rodée chez E.Leclerc
Cette méthode n’est pas une première. Dès juillet 2025, des magasins E.Leclerc, en Gironde ou en Seine-Saint-Denis, utilisaient déjà des étiquettes comparatives avec Lidl ou Carrefour. Le spécialiste Dauvers notait alors un défaut : parfois, l’écart n’est que d’un centime. Un détail qui peut sembler risible, mais qui montre la volonté des grandes surfaces de jouer la transparence, ou du moins de le faire croire.
Un cadre légal strict mais des zones d’ombre
La publicité comparative est légale en France depuis la loi du 18 janvier 1992. Elle doit être objective, ne pas induire en erreur, et comparer des produits identiques. Les distributeurs ne peuvent pas mentir. Les prix doivent être relevés aux mêmes dates. Le concurrent ne doit pas être dénigré. En théorie, tout est carré.
Mais en pratique, les enseignes choisissent ce qu’elles comparent. Sur des milliers de références, elles ne montrent que ce qui les avantage. Le consommateur doit donc garder un œil critique. Comme le rappelle Olivier Dauvers, il s’agit avant tout de publicité, pas d’un service public.
Comment le consommateur peut-il s’y retrouver ?
Pour ne pas se laisser berner, mieux vaut croiser les sources. L’association Que Choisir propose une carte interactive des supermarchés les moins chers. Le site lebondrive.fr compare les prix en drive. Et le bon sens reste la meilleure arme : faire ses courses dans plusieurs enseignes, selon ses besoins, permet de réaliser de vraies économies.
En définitive, cette initiative de U est une bonne nouvelle pour la transparence, à condition de ne pas en attendre des miracles. La guerre des prix est une vieille histoire en France, et elle n’est pas près de s’éteindre.