Tempête Marta : l'Espagne et le Portugal face à de nouvelles inondations
Après Leonardo, voici Marta. La péninsule ibérique n'en finit plus de subir les assauts répétés des dépressions atlantiques. Ce week-end, une nouvelle tempête menace d'aggraver une situation déjà critique en Espagne et au Portugal, où les sols saturés et les cours d'eau gonflés laissent craindre le pire.
Un bilan déjà lourd
La tempête Leonardo a déjà fait deux morts, un au Portugal et un autre en Espagne. Les dégâts sont considérables : centaines de routes coupées, circulation ferroviaire perturbée, milliers d'évacuations. En Andalousie et en Estrémadure, les populations ont vécu des heures d'angoisse face à la montée des eaux.
Au Portugal, la situation est particulièrement préoccupante. Plus de 26 500 secouristes sont mobilisés alors que le pays s'apprête à vivre le second tour de l'élection présidentielle ce dimanche. Les autorités tentent de gérer l'urgence tout en préparant l'arrivée de Marta.
Marta annonce la couleur
L'Agence météorologique espagnole (Aemet) ne mâche pas ses mots : Marta va frapper fort. Le tiers sud de la péninsule ibérique doit s'attendre à des précipitations exceptionnelles. En Andalousie, notamment à Cadix, Séville et Malaga, les cumuls pourraient dépasser 80 litres par mètre carré en 12 heures.
À Lisbonne, la protection civile portugaise alerte sur le risque de crues soudaines. Le métro de la capitale a déjà installé des protections dans certaines stations. À Porto, le maire Pedro Duarte appelle à la vigilance face à la montée du Douro qui a déjà inondé plusieurs commerces.
Des infrastructures sous pression
Révélateur de l'ampleur du phénomène : les barrages portugais ont libéré en trois jours un volume d'eau équivalent à la consommation annuelle du pays. Cette donnée, communiquée par l'Agence portugaise de l'environnement, illustre l'intensité exceptionnelle de ces intempéries.
Le bassin du Guadalquivir fait partie des zones les plus surveillées. Les sols saturés, les rivières gonflées et les réservoirs proches de leur capacité maximale créent un cocktail explosif. L'Estrémadure ne sera pas épargnée, avec de fortes pluies et des orages attendus dans le sud de Badajoz et le nord de Cáceres.
Un répit de courte durée
Dimanche pourrait offrir une accalmie temporaire dans les zones les plus touchées. Mais l'Aemet prévient déjà : de nouveaux fronts atlantiques pourraient revenir dès la semaine prochaine. La péninsule ibérique semble condamnée à subir cette succession de dépressions qui testent la résistance de ses infrastructures et la solidité de ses dispositifs de secours.
Face à ces défis climatiques récurrents, les autorités espagnoles et portugaises doivent repenser leurs stratégies de prévention et d'adaptation. Car si Marta passera, d'autres tempêtes suivront inévitablement.