UBB : Yannick Bru assume ses choix et fixe le cap pour la saison 4
Le manager de l'Union Bordeaux-Bègles, Yannick Bru, a livré une analyse sans concession de la saison écoulée et des ambitions du club pour l'exercice à venir. Après un titre européen historique et une élimination décevante en Top 14, le technicien bordelais a répondu aux questions de Rugbyrama avec la franchise qui le caractérise.
Une saison en demi-teinte, entre triomphe européen et échec en championnat
Yannick Bru ne fuit pas le paradoxe. Champion d'Europe pour la deuxième année consécutive, l'UBB a pourtant manqué les phases finales du Top 14, un échec qui laisse un goût amer. « C'est une saison mitigée, qui reste quand même une troisième saison de construction avec un titre majeur », a-t-il expliqué, avant de reconnaître : « Nous avons le devoir de faire mieux sur cette quatrième année. »
Le manager girondin assume cette exigence. « Dans notre monde, le dernier qui parle a raison. La dernière fois qu'on s'est exprimé, nous avons été faibles. Tout cela a laissé place à l'analyse, à l'autocritique. Maintenant, c'est place à l'action », a-t-il martelé, dans un discours qui n'admet aucun relâchement.
Un staff remanié pour insuffler une nouvelle dynamique
Pour éviter la stagnation, Yannick Bru a procédé à des changements dans son staff, notamment au poste d'entraîneur de la défense. Le départ de Christophe Laussucq, remplacé par Aurélien Cologni, a été acté avec respect, mais sans états d'âme. « Les succès du passé ne garantissent pas les succès du futur, surtout dans un environnement concurrentiel comme le nôtre », a-t-il justifié.
Cette décision répond à un constat simple : les adversaires du Top 14 connaissent désormais parfaitement le jeu bordelais. « Nous sommes scannés, nous sommes étudiés », a reconnu le manager, qui veut « une évolution permanente » des points forts de son équipe.
Un recrutement ciblé pour densifier le pack et préparer l'avenir
Le mercato bordelais a été pensé pour rééquilibrer les forces. Les arrivées de Lasha Pkhakadze, Alex Moon et Tom Willis doivent densifier le huit de devant, tandis que Thomas Delpeuch et Hugo Amogadro représentent l'avenir de la ligne de trois-quarts. Dan Du Plessis, polyvalent et expérimenté, compense l'absence prolongée de Rohan Janse van Rensburg.
Cette stratégie s'inscrit dans la logique du club, qui mise sur la formation et l'anticipation. « Ça fait beaucoup de saisons maintenant que l'UBB investit sur des jeunes à très fort potentiel », a rappelé Yannick Bru.
Les blessures, un fléau qui a pesé lourd dans la balance
L'analyse de la saison a mis en lumière un problème récurrent : des blessures concentrées sur les mêmes postes et sur de longues périodes. Neufs, centres, deuxième ligne, troisième ligne, l'infirmerie a souvent été pleine. « On a déploré des blessures concentrées sur les mêmes postes et sur des périodes qui ont duré », a détaillé le manager, qui y voit une des causes de la baisse de régime en fin de saison.
Cette situation a contraint l'UBB à « surutiliser certains joueurs », avec des conséquences logiques sur le carburant disponible au printemps. Des « nouveaux processus » doivent être mis en place pour améliorer la disponibilité de l'effectif sur les onze mois de la saison.
L'avenir des cadres, un dossier brûlant
Les prolongations de contrat de Louis Bielle-Biarrey, Marko Gazzotti, Nicolas Depoortere et Pierre Bochaton sont au cœur des préoccupations. Yannick Bru se veut rassurant, mais ferme : « Il est inconcevable de les voir porter un autre maillot. Ils sont notre avenir. »
Le manager bordelais en appelle à la responsabilité collective face aux contraintes du salary cap. « Ils sont interdépendants. Notre capacité à garder tout le monde rejaillit aussi sur le bien-être de chacun », a-t-il souligné, avant d'évoquer Adam Coleman et Ben Tameifuna, « qui font intégralement partie de la famille ».
La dépendance à Lucu et Jalibert, un chantier à mener
Interrogé sur la dépendance de l'équipe à Maxime Lucu et Matthieu Jalibert, Yannick Bru a répondu avec lucidité. « Comment ne pas être dépendant de joueurs qui sortent week-end après week-end des performances XXL ? » a-t-il questionné, tout en reconnaissant la nécessité de « travailler sur l'émulation au sein de l'effectif ».
Concernant la polyvalence de Matthieu Jalibert, testé à l'arrière avec le XV de France, le manager est catégorique : « À l'UBB, il joue ouvreur. Il n'est pas du tout prévu qu'il joue à l'arrière. » Une position claire, qui ne laisse aucune place à l'ambiguïté.
La Coupe du monde, un paramètre à intégrer
Avec la Coupe du monde dans le viseur, de nombreux joueurs bordelais auront des objectifs internationaux. Yannick Bru entend créer « un environnement cohérent » pour leur épanouissement, sans jamais perdre de vue l'intérêt du club. « La lumière qui rejaillit sur tout le monde part toujours du maillot du club », a-t-il rappelé.
Le manager de l'UBB se dit confiant pour la suite, fort d'un groupe « intelligent » et « équilibré ». Reste désormais à transformer les paroles en actes, dès la première journée du Top 14.