Ukraine : négociations tendues à Abou Dhabi, Moscou menace de poursuivre la guerre
Quatre ans après le début du conflit ukrainien, les négociations diplomatiques s'enlisent. Ce mercredi 4 février, au 1441e jour de guerre, un nouveau cycle de pourparlers s'est ouvert à Abou Dhabi en présence des Américains, mais la Russie maintient ses exigences maximalistes.
Moscou campe sur ses positions
La Russie ne fait aucune concession. "Tant que le régime de Kiev n'aura pas pris la décision appropriée, l'opération militaire spéciale se poursuivra", a déclaré sans ambages Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, dès l'ouverture des négociations.
Cette intransigeance russe illustre parfaitement la réalité géopolitique : Poutine négocie en position de force et n'entend céder sur rien d'essentiel. Moscou exige notamment le retrait des forces ukrainiennes des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, une demande que Kiev refuse catégoriquement.
Du côté ukrainien, on reconnaît que les discussions ont été "substantielles et productives", mais cette formule diplomatique classique masque mal les divergences profondes. Kiev avoue d'ailleurs vouloir surtout "savoir ce que les Russes et les Américains veulent vraiment".
La terreur comme arme de guerre
Pendant que se déroulent ces négociations de façade, la machine de guerre russe continue ses ravages. Ce mercredi, sept civils ont été tués lors d'une frappe sur un marché de Droujkivka, dans l'est de l'Ukraine. Les Russes ont utilisé des obus à sous-munitions, frappant délibérément un lieu fréquenté par la population civile.
Cette stratégie de la terreur s'étend aux infrastructures de transport. Selon le directeur de la compagnie ferroviaire ukrainienne, Oleksandr Pertsovskyi, Moscou intensifie ses attaques contre les trains pour "couper certaines régions d'Ukraine et semer la peur". L'objectif est clair : isoler les populations et briser leur moral.
Le véritable coût de l'effort de guerre russe
Une analyse du renseignement allemand révèle l'ampleur réelle de l'engagement militaire russe. Selon le BND, Moscou sous-estime volontairement ses dépenses militaires de 66%. En réalité, la politique militaire représenterait près de la moitié du budget russe et 10% de son PIB en 2025.
Ces chiffres démontrent que la Russie s'est engagée dans une économie de guerre totale, bien au-delà de ce qu'elle reconnaît officiellement. Cette mobilisation massive des ressources nationales confirme les ambitions durables du Kremlin, non seulement en Ukraine mais pour son "expansion sur le flanc oriental de l'OTAN".
Face à cette réalité, l'Europe doit prendre la mesure de la menace qui pèse sur elle. Les négociations d'Abou Dhabi, aussi nécessaires soient-elles, ne doivent pas faire illusion sur les véritables intentions de Moscou.