Le projet de musée de l'information et de la presse, baptisé Musip, prend forme. Porté par deux journalistes de France 24, Antoine Mariotti et Cécile Gallucio, il ambitionne d'ouvrir ses portes à Paris en 2029. Avant cela, l'association lance dès octobre des contenus numériques pour expliquer la fabrique de l'information.
Le constat est simple : la désinformation prospère, et le public est souvent désarmé face aux flux d'images et de mots. Le Musip veut donner les clés de lecture nécessaires. Antoine Mariotti, président-fondateur, ne mâche pas ses mots :
« Sans liberté de la presse, il n'y a pas de démocratie. Notre fil rouge, c'est la fabrique de l'info, pour combattre la désinformation et permettre aux gens de devenir des citoyens éclairés. »
Pourquoi ce musée est-il nécessaire aujourd'hui ?
Le projet est né d'un constat amer : trop de contre-vérités circulent sur les métiers de la presse. Antoine Mariotti, journaliste jusqu'au bout des ongles, porte ce projet depuis douze ans.
« À 9 ans, je savais que je voulais en faire mon métier, j'ai alors créé mon premier journal d'école. Peut-être parce que je suis né un 3 mai, le jour où l'on célèbre la liberté de la presse ! »
Que verra-t-on dans ce futur musée ?
Le parcours permanent proposera une immersion dans une salle de rédaction. Le visiteur suivra le circuit complet d'une information, depuis la dépêche urgente de l'AFP jusqu'à sa publication, en passant par la vérification des sources. Le musée abordera aussi les mutations techniques :
« Lors de la guerre au Vietnam, une photo mettait trois jours pour parvenir à une rédaction. Aujourd'hui, une photo prise à New York est trois secondes plus tard à Paris. »
La « guerre du récit » et la déontologie commune
Le Musip évoquera la « guerre du récit », en montrant qu'une même information peut être traitée différemment selon les lignes éditoriales. Le Figaro ne traitera pas une manifestation comme Libération. Mais, insiste Antoine Mariotti,
« il existe une déontologie commune qui est la garantie d'être bien informé ».
Quels contenus dès octobre sur le site du Musip ?
Des mini-reportages suivront le travail d'un rédacteur, d'un kiosquier, d'un reporter sur le terrain ou d'un présentateur du 20 h. L'objectif est de montrer la diversité des métiers de la presse et de lutter contre les fantasmes :
« Tous les journalistes ne sont pas à Paris et ne gagnent pas 15 000 € par mois », rappelle le fondateur.
Un financement indépendant et éthique
Le coût du projet est estimé à 20 millions d'euros. Le financement reposera sur le mécénat public et privé, avec une exigence :
« Pas question d'être financés par une société qui pollue ou ne respecte pas les droits de l'humain ». Un financement participatif sera lancé dans les prochaines semaines.
Quels soutiens pour ce projet ?
Le Musip est soutenu par l'Unesco, des groupes de presse et plusieurs dizaines de professionnels. Annick Cojean, grande reporter au Monde et ancienne présidente du Prix Albert Londres, présidera le conseil scientifique et culturel. Des discussions sont en cours avec l'État, la Région Île-de-France et la Ville de Paris pour la mise à disposition d'un bâtiment.
Questions fréquentes sur le musée de l'information
Quand ouvrira le musée de l'information et de la presse ?
Le Musip ouvrira physiquement à Paris en 2029, avec un parcours permanent et des expositions temporaires.
Quel est le coût du projet Musip ?
Le coût est estimé à 20 millions d'euros, financés par le mécénat public et privé, ainsi que par un financement participatif.
Quel est l'objectif principal du Musip ?
Donner au public les clés pour comprendre comment l'information est fabriquée, vérifiée et publiée, afin de lutter contre la désinformation.