Il y a 55 ans, Bordeaux vivait deux nuits de terreur. Le « maniaque des 2 CV », un pyromane insaisissable, a incendié quatorze véhicules dans la nuit du 2 au 3 septembre, puis quatre autres la nuit suivante. Du quartier Saint-Michel à celui des Chartrons, en passant par le centre-ville, ce dangereux individu a semé la consternation parmi les habitants, frappant durement des artisans, des ouvriers et des petits commerçants.
Ce fou, dont on ignore toujours l'identité, a opéré avec une rapidité déconcertante. Aucun témoin n'a pu fournir son signalement. Les pompiers de Bordeaux, en alerte constante de 1 heure à 5 heures du matin, ont évité le pire de justesse. Le pyromane choisissait ses cibles avec soin, poussant parfois des véhicules contre des portes cochères pour que les flammes se propagent aux immeubles.
Une première nuit d'incendies criminels
La première intervention des pompiers a eu lieu à 1 h 08, rue de la Rousselle, pour un cyclomoteur en flammes. Puis, place Raymond-Colomb, une 2 CV appartenant à M. Juan Albedro s'est embrasée. À l'intérieur, un chat qui dormait habituellement sur les sièges a péri carbonisé. Le maniaque a ensuite frappé rue Dupuits-Descazaux, où un vélomoteur a brûlé dans le couloir d'une maison d'habitation, endommageant une porte de garage.
Les policiers, alertés, ont fait cerner tout le quartier. Mais la course contre la montre engagée par les forces de l'ordre est restée vaine. Le pyromane a poursuivi son raid meurtrier vers les Chartrons, incendiant un fourgon cours de la Martinique, puis un camion rue Notre-Dame, et encore d'autres véhicules rue Sicard et place du Marché des Chartrons. Dans un geste insensé, il a tenté de mettre le feu aux halles du marché en jetant de l'essence contre deux portes.
Le centre-ville de Bordeaux touché à son tour
Le maniaque, insatiable, a ensuite gagné le centre de Bordeaux. Les pompiers, revenant d'un sinistre rue Sicard, ont découvert une 2 CV en flammes cours Tournon. D'autres incendies ont suivi rue Boulan, rue Léon-Valade et rue Bouffard. Au total, une cinquantaine de pompiers et plus d'une dizaine de véhicules, dont des camions-citernes d'intervention en forêt, ont été mobilisés durant près de cinq heures.
L'enquête, confiée aux services de la Sûreté bordelaise, n'a pas avancé. Les témoins, réveillés par l'explosion des véhicules en feu, n'ont rien vu. On ignore encore comment l'inconnu se déplaçait. Les autorités comptent sur le témoignage de personnes attardées qui auraient pu l'apercevoir.
Une deuxième nuit rouge pour la ville
Le lendemain soir, le pyromane a frappé à nouveau. À 23 h 25, un feu de voiture a été signalé rue Georges-Bonnac, puis un autre rue d'Alzon, et encore un autre rue Charles-Marionneau. Les patrouilles de police ont quadrillé le quartier sans succès. L'incendie le plus important de la soirée a eu lieu rue Poitevin : une 2 CV a été totalement détruite, et un cyclomoteur garé à proximité a été fortement endommagé.
Cette affaire, qui a marqué les esprits à Bordeaux, rappelle la vulnérabilité des citoyens face à la folie criminelle. Elle souligne aussi le courage et le dévouement des pompiers et des forces de l'ordre, qui ont tout fait pour protéger la population et leurs biens.
Questions fréquentes sur l'affaire du maniaque des 2 CV
Qui était le maniaque des 2 CV de Bordeaux ?
L'identité du pyromane n'a jamais été formellement établie. Il a frappé à Bordeaux en 1970 et 1971, incendiant des véhicules, principalement des 2 CV, dans plusieurs quartiers de la ville.
Combien de véhicules ont été incendiés lors de ces deux nuits ?
Au total, dix-huit véhicules ont été incendiés : quatorze lors de la première nuit et quatre lors de la seconde.
Quels quartiers de Bordeaux ont été touchés ?
Les quartiers de Saint-Michel, des Chartrons et le centre-ville de Bordeaux ont été les principaux secteurs touchés par les incendies criminels.