Chauffage urbain en Gironde : la rive droite de Bordeaux montre l'exemple
Après cinq ans de travaux et 41 millions d'euros investis, le réseau de chaleur des hauts de Garonne, sur la rive droite de Bordeaux, est devenu un modèle d'efficacité et de sobriété. Fini les geysers d'eau chaude et les coupures à répétition : les 22 kilomètres de conduites, qui desservent Cenon, Floirac et Lormont, ont été entièrement rénovés et étendus, offrant aux habitants un chauffage à prix maîtrisé.
Un réseau historique remis à neuf pour les familles
Construit à la fin des années 1950 pour chauffer les logements sociaux de la rive droite, ce réseau de conduites d'eau chaude (entre 70 et 105 °C) avait mal vieilli. Au moment de confier sa gestion au tandem Idex/Mixéner, le 1er janvier 2021, les fuites et les pannes étaient devenues monnaie courante. « On voyait des geysers régulièrement », se souvenait Jean-François Égron, maire de Cenon, lors de la présentation des résultats, ce mardi 15 septembre.
Les travaux, menés par la société Hauts de Garonne Energies (HGE), ont d'abord porté sur la rénovation de 15,8 kilomètres de conduites défaillantes, pour 27 millions d'euros. « Les anciennes conduites ont été remplacées par des tuyaux pré-isolés, dotés d'un système de détection de fuite intégré, permettant de localiser le souci rapidement et à quelques mètres près », explique Hubert Desliens, directeur général de HGE.
Des tarifs imbattables face au gaz et à l'électricité
Le résultat est là : depuis deux hivers, les coupures sont devenues exceptionnelles, avec un taux d'indisponibilité tombé de 0,1 à 0,02 %. « Ce sont 17 000 m³ d'eau potable économisés par an », souligne Benjamin Frémaux, PDG d'Idex. Surtout, le réseau a été étendu de près de 9 kilomètres, notamment à Cenon (Beausite et Loret) et Lormont (haut-Carriet, Ramade), pour 14 millions d'euros, raccordant au passage de nombreux équipements publics.
Pour les ménages, l'avantage est considérable. Le tarif du mégawattheure sur le réseau de chaleur était de 87 euros en 2025, contre environ 150 euros pour le gaz et 200 euros pour le chauffage électrique. « Des copropriétaires privés ont choisi de rester au gaz, je vais les voir avec ma boîte de mouchoirs », sourit Philippe Quertinmont, maire de Lormont. Jean-Jacques Puyobrau, maire de Floirac, y voit « des travaux gigantesques, mais permettant des tarifs accessibles ».
L'incinération des déchets, une énergie enfin reconnue
Démarré au fioul, le réseau est alimenté depuis les années 1980 par l'incinérateur de déchets de Cenon, qui fournit aujourd'hui 78 % de l'énergie. Une production longtemps contestée par les écologistes, mais désormais saluée, y compris par la nouvelle vice-présidente de Bordeaux Métropole, Catherine Fabre. « Si nous ajoutons la chaufferie bois de Lormont, nous sommes à 85 % de production d'énergie renouvelable », précise M. Desliens. Trois chaudières gaz complètent le dispositif.
La délégation de service public d'Idex/Mixéner court jusqu'au 31 décembre 2029. Une gestion pragmatique, loin des dogmes, qui prouve que l'on peut conjuguer transition énergétique, pouvoir d'achat et service public de qualité.