Forêt de Fontainebleau : après une nuit calme, Macron sur le terrain
Emmanuel Macron s’est rendu jeudi en fin de matinée dans la forêt de Fontainebleau pour saluer les acteurs mobilisés contre les incendies. Une visite bienvenue après une nuit qualifiée de « calme » sur le front des flammes, qui ont déjà dévoré 2 000 hectares depuis dimanche.
Un soutien de l’État attendu sur la durée
Le chef de l’État doit rencontrer les élus et les acteurs engagés au poste de commandement opérationnel installé à Noisy-sur-Ecole, en Seine-et-Marne. Cette forêt emblématique, classée réserve de biosphère par l’Unesco, est un joyau de notre patrimoine national. L’Élysée a précisé que le président remerciera les équipes pour leur mobilisation sans faille et réaffirmera l’engagement de l’État face à une saison exceptionnellement intense.
Sur le terrain, la situation s’améliore. Le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole des sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne, a indiqué que l’activité du feu était moindre par rapport à la nuit précédente. Le feu est « fixé » mais pas encore éteint. Près d’un millier de pompiers sont à pied d’œuvre, renforcés par 120 militaires du génie venus de l’est de la France, habitués à préparer le terrain.
Un travail de fourmi contre les souches incandescentes
La tourbe et le sable de cette forêt rendent la tâche des soldats du feu particulièrement ardue. Chaque souche d’arbre doit être noyée, chaque foyer éteint, avec l’appui de largages aériens et de pelles. Un travail fastidieux qui exige une main-d’œuvre nombreuse et déterminée.
Pécresse appelle à une initiative nationale
Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a lancé un appel solennel à Emmanuel Macron : prendre le leadership d’une grande initiative nationale pour la régénération de la forêt de Fontainebleau, comme il l’avait fait après l’incendie de Notre-Dame. « Il faut mobiliser tous les amis de la forêt, tous les mécènes pour replanter ce poumon vert de notre région », a-t-elle insisté sur BFMTV/RMC.
Béatrice Rucheton, vice-présidente du département de Seine-et-Marne, attend du chef de l’État l’assurance d’un soutien national dans la durée. « On n’est pas à l’abri d’une reprise », a-t-elle confié à l’AFP.
Une polémique sur les Canadair et des interpellations
L’incendie a ravivé une polémique politique. Le Rassemblement national et La France insoumise accusent le pouvoir macroniste d’avoir annulé en 2024 la commande de deux Canadair, appareils essentiels à la lutte contre les feux de forêt. Une critique qui trouve un écho chez de nombreux Français attachés à la protection de notre territoire.
Par ailleurs, la procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik, a annoncé la mise en examen et le placement en détention provisoire d’un pompier volontaire de 18 ans, suspecté d’avoir allumé un départ de feu lundi. Il a d’abord avoué avoir mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence, avant de revenir sur ses aveux. Un autre jeune de 18 ans a admis avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette. Enfin, un quadragénaire a été interpellé mardi soir sur un parking, des journaux froissés et un briquet retrouvés dans son véhicule.
Quelles sont les prochaines étapes pour la forêt de Fontainebleau ?
La réouverture de l’autoroute A6, bloquée par les flammes, est en discussion. Les pompiers restent mobilisés, avec le soutien de moyens aériens. La priorité est d’éteindre tous les foyers pour éviter toute reprise. La forêt, joyau de biodiversité et site Natura 2000, devra ensuite être replantée, un chantier qui s’annonce long et coûteux.
Qui sont les suspects des incendies ?
Un pompier volontaire de 18 ans est mis en examen pour avoir allumé un feu. Il a avoué puis nié. Un autre jeune a reconnu un départ de feu accidentel avec une cigarette. Un quadragénaire est également en garde à vue, suspecté d’avoir voulu provoquer un incendie.
La France doit tirer les leçons de cette catastrophe. Notre patrimoine naturel, notre sécurité, notre identité nationale exigent une réponse ferme et durable.