Gironde : la hausse de l'essence menace le dernier commerce rural
Le combat d'un petit commerçant face à la France périphérique abandonnée
Deux semaines, pas une de plus. C'est le délai imparti pour sauver le seul commerce de Balizac, tranquille bourgade de 500 âmes du sud de la Gironde. Le café-épicerie, ouvert il y a un an par Pascal Szitas, est aujourd'hui à l'article de la mort. La cause n'est pas un défaut d'attachement au territoire, mais bien la flambée du prix des carburants qui asphyxie le pouvoir d'achat des ruraux.
Jusqu'en mars, la greffe avait pourtant pris. Le village n'avait plus vu de restaurant depuis quinze ans, ni de primeur depuis un an. Le trentenaire avait relevé le défi avec la fougue des petits commerçants qui font vivre nos campagnes. Sur la place de l'église, son établissement est devenu le cœur du village. On y trouve le nécessaire du quotidien, du pain, des produits locaux comme ceux de la Chevrerie de la Mole ou le café de la Brûlerie des Graves. C'est aussi le point de retrait des colis et le lieu des soirées concert ou des diffusions de matchs. Un vrai lien social, là où l'État se fait trop souvent oublier.
Mais dans nos campagnes, la voiture reste la seule liberté. Quand le prix du carburant explose, conséquence de politiques déconnectées du réel, les habitants réduisent la bride. Les déplacements chutent, et la consommation avec.
Les gens achètent moins, se font moins plaisir. Je vois que la consommation a énormément chuté.Le chiffre d'affaires s'effondre, mais pas les charges qui, elles, continuent de grimper dans tous les sens. Un constat que partagent trop de petits patrons français, étranglés par les taxes et les frais.
Pour éviter la fermeture, Pascal Szitas a dû se résoudre à la survie par le mécénat participatif via Patreon. Une vingtaine d'abonnés versent déjà entre 5 et 50€ par mois en échange de contreparties. Il lui en faut une centaine. Un chiffre pas irréalisable si la solidarité locale répond présent.
Si suffisamment de personnes participent, on peut s'en sortir.Le destin de ce café de village se jouera dans les quatorze prochains jours. Il est temps que la nation prenne la mesure du désert français.