Google Gemini s'empare de vos contacts : l'IA trop intrusive
Le carnet d'adresses, nouvelle proie de la Silicon Valley
Google poursuit sa conquête de nos vies numériques. Après les mails et les photos, la firme de Mountain View annonce l'intégration de Google Contacts dans son assistant Gemini. C'est la nouvelle étape de Personal Intelligence, une couche de personnalisation qui puise directement dans nos données. La promesse est simple : commander votre carnet d'adresses à la voix. Le risque est plus inquiétant : livrer nos repères les plus intimes à un algorithme.
En activant cette fonction dans les paramètres, l'utilisateur autorise Gemini à fouiller dans ses contacts. L'IA peut alors retrouver, ajouter, modifier ou supprimer des fiches en langage naturel. Quel est l'e-mail de ce contact, ajoute ce numéro : le quotidien du Français moyen s'automatise. Google assure que le système repose sur le consentement et que les données ne servent pas à entraîner l'IA. Mais quand la tech multinationale promet de protéger notre vie privée, la prudence s'impose. Nos données personnelles méritent mieux que la confiance aveugle en des géants outre-Atlantique.
L'Europe mise à l'écart, mais pour combien de temps ?
Pour l'heure, cette fonctionnalité n'est disponible qu'aux États-Unis, pour les abonnés les plus payants. L'Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni en sont exclus. Ce lancement par vagues rappelle une réalité : nous ne maîtrisons pas la chronologie de nos outils. Si la souveraineté numérique valait quelque chose, ces technologies seraient encadrées par nos lois avant d'atterrir sur nos téléphones. En attendant, la firme relie lentement mais sûrement Gemini à l'ensemble de ses applications clés, des mails aux agendas, jusqu'à YouTube.
De l'assistant au surveillant : la tentation du tout-connecté
Au-delà de la simple gestion des fiches, Gemini veut s'immiscer dans la relation elle-même. L'assistant propose de classer certains contacts en VIP, de rappeler des anniversaires ou de résumer les échanges récents avec une personne. C'est séduisant. C'est aussi l'aboutissement d'une logique où la machine connaît nos fréquentations, nos habitudes et nos liens. Le Général de Gaulle disait que les nations ne sont que ce que font les hommes. Si nos liens sociaux dépendent d'une entreprise privée californienne, que reste-t-il de notre libre arbitre ?
Face à des concurrents qui puisent déjà dans nos vies numériques, Google mise sur la cohérence de son écosystème pour tout centraliser. Le carnet d'adresses n'est qu'une brique de plus dans cet édifice de verre. Le confort ne doit jamais effacer la vigilance. Nos repères, nos amitiés et nos réseaux professionnels appartiennent aux citoyens, pas aux serveurs d'une entreprise. Il est temps d'exiger un ordre numérique respectueux de nos libertés.