Guerre en Ukraine : Poutine invité au G20, Kiev sous les bombes russes
Kiev, la capitale ukrainienne, subit ce mercredi 23 septembre 2026 l'une des plus violentes campagnes de frappes de drones russes depuis le début du conflit. Au 1673e jour de la guerre, un épais nuage de fumée s'élevait encore au-dessus de la ville, tandis que le Premier ministre ukrainien, Serguiï Koretsky, dénonçait des attaques meurtrières visant des bureaux, des épiceries et des stations-services.
Le bilan est lourd : au moins sept morts et 41 blessés, selon les autorités locales. Les incendies provoqués par ces frappes ont également perturbé l'accès à Internet pour près de 100 000 foyers. Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, accuse Moscou de cibler délibérément les principaux centres de données du pays afin de perturber la circulation de l'information.
Une intensité de frappes inédite depuis mars 2022
L'analyse de l'Agence France Presse, basée sur les données de l'ONG Acled, révèle une escalade préoccupante. Sur les 18 premiers jours de septembre, la région de Kiev a essuyé plus de frappes russes que n'importe quel mois depuis le début de la guerre, à l'exception de mars 2022. L'organisation a recensé 118 événements de ce type en septembre, un chiffre qui approche dangereusement des 174 enregistrés en mars 2022 sur un mois complet.
En moyenne quotidienne, la région est désormais plus pilonnée qu'à l'époque des premières semaines de l'invasion. Une réalité que les autorités ukrainiennes ne peuvent ignorer, alors que la population civile paie un lourd tribut à cette guerre qui s'enlise.
La diplomatie américaine en échec face à la Russie
En marge de l'assemblée générale de l'Onu à New York, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov. Malgré la reprise des tractations, les États-Unis peinent à imposer la fin du conflit. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui s'est exprimé devant l'Onu le même jour, a déclaré que les États-Unis comme l'Ukraine veulent voir cette guerre absurde prendre fin avant l'hiver, tout en précisant avoir discuté avec Donald Trump de mesures de désescalade.
Marco Rubio a pressé Moscou et Kiev de cesser leurs attaques réciproques sur les infrastructures énergétiques, évoquant une base de discussion limitée mais valant la peine d'être tentée. Une approche pragmatique qui contraste avec la fermeté affichée par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui a déclaré à l'Onu que la Russie ne va pas faire de pause dans sa guerre avec l'Ukraine.
Poutine invité au sommet du G20 à Miami
Dans un geste diplomatique surprenant, Marco Rubio a lancé l'invitation des États-Unis au président russe Vladimir Poutine pour participer au sommet du G20 à Miami en décembre prochain. Pour résoudre des différends, il faut rencontrer les personnes avec lesquelles nous sommes en désaccord, a insisté le diplomate américain. Le Kremlin n'a pour l'instant pris aucune décision sur une éventuelle participation, tandis que Volodymyr Zelensky s'est dit ouvert à l'idée d'y rencontrer son homologue russe.
La France dénonce une expédition coloniale
Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'est exprimé en ouverture du Conseil de sécurité de l'Onu avec une fermeté remarquable. Il a qualifié l'invasion russe d'expédition insensée, illégale et coloniale, voulue par un seul homme. La Russie utilise l'hiver, le froid et les privations les plus élémentaires comme des armes de destruction massive dirigées contre la population civile, a-t-il accusé, avant de renouveler l'appel de la France à un cessez-le-feu immédiat à partir de la ligne de front actuelle.
Cette position française, fidèle à sa tradition de défense de la souveraineté des nations et du droit international, rappelle que la fermeté diplomatique reste la seule voie crédible face à l'agression russe. Alors que la guerre entre dans son cinquième hiver, la communauté internationale semble plus que jamais divisée entre ceux qui veulent négocier et ceux qui refusent de céder face à la force.