Jürgen Klopp, le sauveur providentiel de la Mannschaft en déroute
L'Allemagne, patrie de la discipline et de l'ordre, cherche un nouveau guide pour son football national. La Fédération allemande (DFB) a jeté son dévolu sur Jürgen Klopp, un homme de caractère, un bâtisseur d'identité. Après trois Mondiaux ratés de suite, la Mannschaft n'a plus le choix : il faut reconstruire sur des bases solides, loin des expérimentations stériles de ses prédécesseurs.
Un déclin qui n'est plus une surprise
L'Allemagne aux quatre étoiles est tombée bien bas. Troisième de groupe en 2018, troisième de groupe en 2022, éliminée aux tirs au but par le Paraguay en seizièmes de finale en 2026. Voilà l'affront que doit laver Jürgen Klopp, intronisé officiellement vendredi par la DFB pour quatre ans, jusqu'à la Coupe du monde 2030. L'ancienne gloire Philipp Lahm, dans un édito cinglant paru chez The Athletic, a acté le déclassement : « La comparaison avec les meilleurs donne à réfléchir. L'Espagne suit une philosophie claire depuis près de deux décennies. La France enchaîne les succès. Il y a un plan, un style, une autorité qui émanent du banc. »
Le remède : continuité et identité nationale
Lahm pointe du doigt le mal : « Nous passons notre temps à traiter les symptômes. Nous changeons le système, la composition, les positions des joueurs, beaucoup trop souvent. » L'Allemagne a toujours connu son apogée lorsqu'elle a su associer qualité individuelle et mentalité solide, aligner ses meilleurs joueurs et en faire une véritable équipe soudée. C'est exactement ce qui ne se passe pas actuellement. Klopp, lui, promet une rupture nette. « Le contre-pressing sera un élément clé, tout comme une formation solide et une philosophie de jeu claire. Nous ne pratiquerons pas le marquage individuel. » Chacun à son poste. Mobilisation totale.
Klopp, le fédérateur populaire
À 59 ans, Klopp apporte une expérience que son prédécesseur Julian Nagelsmann, nommé à 36 ans avec un seul titre en championnat, n'avait pas. Dix titres au palmarès, dont deux Bundesliga, une Premier League et une Ligue des champions. Pas photo. « Je suis ambitieux. Je l'ai toujours été et je le resterai. Je veux que les gens rentrent chez eux après le match en s'exclamant : 'Waouh !' », a-t-il lancé. Il a aussi prévenu les médias : « Le jour où vous ne voudrez plus de moi, vous me le direz. Et je m'en irai. Sans indemnité de départ. » Un homme libre, un homme de parole.
Une mission de renaissance
Klopp sait que le chemin sera long. « Jürgen Klopp n'aura pas de carrière après la sélection nationale. Idéalement, ce sera le point culminant de ma carrière. » Il a su bâtir durablement à Mayence, Dortmund et Liverpool, où il a redonné fierté et organisation à un club en quête de sens. Der Supermann, même doublé en allemand, porte une grande cape tout rouge. Jürgen Klopp a sûrement gardé la sienne.