Tests physiques au rugby : les quatre piliers de la forme des joueurs
Chaque retour à l'entraînement, c'est le même rituel : la préparation physique rime avec une batterie de tests (vitesse, puissance...) qui servent autant à comprendre où en sont les joueurs qu'à organiser leur entraînement au fil de la saison. Peu importe le niveau, tout le monde y passe, avec une attention particulière et des technologies de pointe au service du monde professionnel. Pour Mathieu Borel, responsable de la préparation physique du XV de France féminin, ces périodes de tests sont aussi importantes pour connaître le niveau physique que pour comprendre son profil, définir ses axes de progression et évaluer celle-ci au fil de la saison. Ainsi, pour lui, quatre grands secteurs doivent être testés et suivis.
Pourquoi ces tests sont-ils essentiels ?
« Je suis assez fan du profilage, au-delà du simple test. Cela nous permet d'adapter et d'individualiser l'entraînement du joueur, explique Mathieu Borel. Le but de tous ces tests reste quand même aussi de pouvoir les refaire pour remarquer l'évolution et voir si l'entraînement qu'on a mis en place fonctionne et connaître au mieux le joueur. »
La vitesse : le premier secteur clé
Tout dépend du poste évidemment, mais la vitesse est un des secteurs clés testés en pré-saison. Le plus souvent effectué grâce à des radars (ou des GPS pour certains), un test de sprint sur 10, 20, 30 ou 50 mètres est utilisé. L'objectif est simple : définir la vitesse maximale du joueur tout en mesurant sa capacité d'accélération sur plusieurs paliers.
La force : le passage obligé en salle
On y pense tout de suite quand on pense à la préparation physique : le passage en salle de sport est un indispensable. L'inévitable squat pour la force dans le bas du corps. Pour le haut : développé couché, tractions, développé militaire (mouvement de poussée au-dessus des épaules), tirage planche (mouvement de tirage torse sur un banc). Deux aspects sont mesurés : la force maximale et la puissance, c'est-à-dire la vitesse de déplacement de la barre, qui est indiquée grâce à des capteurs positionnés sur ces dernières.
La puissance : le véritable allié du rugbyman
Ce dernier secteur est la capacité à reproduire les deux premiers. La puissance est la capacité à développer de la force rapidement. La puissance est le véritable allié du rugbyman sur un terrain. Cette dernière est mesurée avec les barres comme évoqué précédemment. Deux autres grands tests existent. Comme pour la vitesse, la puissance horizontale est mesurée au radar lors des sprints. On utilise aussi le « countermovement jump », un saut vertical effectué sur une plateforme de force avec les mains sur les hanches. « C'est une plateforme qui nous donne des résultats bruts sur la performance et la puissance du joueur. Mais on l'utilise aussi en cours de saison et aussi des indicateurs de fatigue neuromusculaire », détaille Mathieu Borel.
L'endurance : répéter les efforts à haute intensité
Ici l'objectif n'est pas de courir un marathon mais de développer la capacité à répéter les efforts à haute intensité. Mais l'entraînement des athlètes d'endurance et notamment leur test n'en reste pas moins intéressant. « Ça serait intéressant de faire des tests en laboratoire pour définir précisément la VO2 Max ou un test de lactate. Mais c'est très coûteux et compliqué à mettre en place pour des équipes de 45 personnes », explique le préparateur physique du XV de France. Mais devant la difficulté de mise en place et les coûts de ces tests, le rugby s'est adapté avec les fameux mais aussi controversés « bronco ». D'autres tests existent comme le 30-15 IFT (30 secondes de travail à haute intensité, 15 secondes de repos), le Luc Léger qui ont tous pour objectif de mesurer les capacités cardiovasculaires des joueurs.
FAQ : Questions fréquentes sur les tests physiques au rugby
Quels sont les quatre secteurs testés en pré-saison ?
Les quatre secteurs clés sont la vitesse, la force, la puissance et l'endurance. Chacun est évalué avec des outils spécifiques comme les radars, les capteurs de barre ou les plateformes de force.
Pourquoi ces tests sont-ils individualisés ?
Pour adapter l'entraînement au profil de chaque joueur et suivre son évolution tout au long de la saison. Le profilage permet de cibler les axes de progression.
Quel est le test d'endurance le plus controversé ?
Le « bronco » est souvent critiqué pour sa difficulté et sa mise en place, mais il reste utilisé faute de tests en laboratoire trop coûteux pour les équipes de 45 personnes.