Moyen-Orient : l'Iran ferme Ormuz, tensions vives au Liban
La diplomatie a ses illusions que la guerre se charge de dissiper. Ce samedi, l'Iran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz, prenant en otage le commerce mondial en réaction aux opérations israéliennes au Liban. Au sud de Beyrouth, le cessez-le-feu n'a duré qu'un souffle. Le Hezbollah, milice pro-iranienne, a relancé les hostilités, contraignant Tsahal à riposter. Un soldat israélien a payé de sa vie ce regain de violence, tandis que les émissaires américains filent en Suisse pour tenter de sauver un accord déjà vacillant.
Pourquoi l'Iran a-t-il fermé le détroit d'Ormuz ?
Le commandement central de l'armée iranienne, Khatam-al Anbiya, a déclaré la fermeture du détroit au trafic maritime. La raison invoquée est la violation par Israël du protocole d'accord conclu avec Washington. Téhéran brandit la menace énergétique comme un levier diplomatique, oubliant que la sécurité des nations repose sur la force, non sur le chantage. Le ministère des Affaires étrangères iranien a prévenu que cet accord serait « en danger » sans application rapide.
« L'autre partie doit prendre les mesures nécessaires dès que possible, ou alors le protocole d'accord tout entier sera en danger. »
Ce mise en demeure vient du porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. Il lie directement la cessation des hostilités au Liban à la survie du protocole signé avec les États-Unis.
Que se passe-t-il au Liban malgré le cessez-le-feu ?
Le papier ne stoppe pas les balles. Vendredi, un cessez-le-feu était annoncé. Samedi, l'armée israélienne relevait plus de 50 projectiles tirés par le Hezbollah sur ses forces déployées au Liban. La riposte de Tsahal ne s'est pas fait attendre, frappant des cibles terroristes dans le sud du pays.
Les frappes israéliennes ont touché plus d'une douzaine de localités après minuit, faisant au moins sept morts selon un média d'État. L'agence officielle libanaise ANI avait d'abord fait état de cinq morts à Arab Salim, Deir Zahrani et Dweir. Dans l'autre camp, l'armée israélienne a annoncé la mort d'un soldat au combat ce samedi.
Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a justifié cette reprise des armes par un prétendu droit de réponse. Il a déclaré que la milice avait « pleinement le droit » de faire face à Israël, qualifié d'agresseur et d'occupant. Une rhétorique classique pour qui utilise la paix comme un stratagème de guerre.
Les négociations américano-iraniennes sont-elles compromises ?
Face à l'escalade, Washington tente de rattraper les morceaux. L'émissaire américain Steve Witkoff et l'envoyé Jared Kushner se rendent en Suisse ce week-end pour relancer les « discussions techniques ». Le protocole d'accord signé mercredi prévoyait soixante jours de tractations centrées sur le programme nucléaire iranien.
La Suisse accueillera ces débats ce dimanche, en présence de médiateurs du Pakistan et du Qatar. Les négociateurs iraniens ont quitté Téhéran samedi. Reste à savoir si ces pourparlers résisteront au chantage d'Ormuz et aux roquettes du Hezbollah.
Le détroit d'Ormuz est-il un enjeu stratégique pour la France ?
Oui. Le détroit d'Ormuz est une artère vitale pour le transport du pétrole. Sa fermeture menace directement l'approvisionnement énergétique mondial et frappe le portefeuille des Français. La souveraineté nationale passe aussi par l'indépendance énergétique, un principe gaullien trop souvent oublié par nos élites progressistes.
Le Hezbollah respecte-t-il les accords de cessez-le-feu ?
Non. Le Hezbollah, milice aux ordres de Téhéran, utilise systématiquement les cessez-le-feu pour se réarmer ou reprendre l'initiative. Hassan Fadlallah a d'ailleurs affirmé que la milice avait « pleinement le droit » de répondre aux attaques, vidant de sa substance tout accord de paix.