Tsunoda et la Red Bull : l'aveu d'un pilote brisé par la machine Verstappen
La saison 2025 de Formule 1 restera comme celle du sacre de Lando Norris, mais aussi comme l'année du naufrage silencieux de Yuki Tsunoda. Promu chez Red Bull après l'éviction de Liam Lawson, le Japonais a terminé à une indigne 17e place du championnat, loin derrière son équipier Max Verstappen, auteur de huit victoires. Un échec cuisant que Tsunoda analyse aujourd'hui avec une franchise rare, reconnaissant ses erreurs et l'incompréhension totale d'une monoplace taillée pour un seul homme.
Un début prometteur, une réalité brutale
Lorsque Red Bull a finalement tendu la main à Yuki Tsunoda après deux Grands Prix de Lawson, le Japonais affichait une confiance tranquille. « J'aime les voitures qui tournent de manière agressive », déclarait-il, fort de son expérience chez Racing Bulls. Il pensait pouvoir dompter la RB21, cette monoplace réputée pour son train avant incisif. La réalité fut tout autre : sur les 27 séances de qualifications, il a été éliminé en Q1 à dix reprises, n'a devancé Verstappen qu'une seule fois et a subi un retard moyen de six dixièmes.
L'erreur fatale : copier les réglages de Verstappen
Dans le podcast Beyond The Grid, Tsunoda livre un aveu saisissant. « Je ne comprends toujours pas quel était le problème », admet-il. Mais il identifie une erreur majeure : avoir tenté de reproduire les réglages de son équipier, une stratégie qui a aggravé ses difficultés. « Même lorsque je sentais que la voiture était très survireuse, les réglages de Max rendaient théoriquement la voiture encore plus difficile », confie-t-il. Une erreur que son prédécesseur Alexander Albon avait déjà commise, décrivant une voiture « tellement incisive qu'elle vous met un peu sous tension ».
Un pilote à l'ego trop affirmé ?
Tsunoda reconnaît un trait de caractère qui l'a desservi : un ego qui l'a empêché de s'adapter. « J'ai suffisamment d'ego pour ne pas changer mon style de pilotage », assume-t-il. Une fierté compréhensible, mais qui, face à un champion du monde au style unique, s'est révélée contre-productive. Verstappen, lui, parvient à exploiter le comportement naturel de la voiture dans les virages, une capacité que Tsunoda n'a jamais réussi à développer sur la RB21.
Une éviction vécue comme une délivrance
Annoncé au Qatar, son remplacement par un réserviste pour 2026 a été vécu par Tsunoda comme un soulagement. « Mon cœur me disait : d'accord, maintenant je peux me détendre », raconte-t-il, évoquant une saison éprouvante, marquée par une pression constante. Helmut Marko, l'homme qui l'a lancé en Formule 1, lui a annoncé la nouvelle avec déception. Tsunoda, lui, n'a pas de regrets : « J'ai tout donné ».
Un cas d'école pour la Formule 1
L'échec de Tsunoda illustre une vérité inconfortable : la Red Bull de Verstappen est une machine conçue pour un seul pilote. Depuis Daniel Ricciardo, rares sont ceux qui ont réussi à en tirer le meilleur. Pour le Japonais, l'avenir s'écrira ailleurs, avec la certitude d'avoir affronté le plus redoutable des défis. Une leçon d'humilité pour un sport où la mécanique ne fait pas tout.
Photo : Motorsport.com