Vol audacieux en Sarthe : une Ferrari artisanale dérobée dans un garage
L'insécurité frappe désormais jusque dans nos campagnes. À Parigné-l'Évêque, en Sarthe, des malfaiteurs ont ciblé un garage pour y dérober une pièce unique : une réplique artisanale de Ferrari 330 P2 des 24 Heures du Mans de 1965.
Un cambriolage méthodique en plein jour
Lundi 2 février, vers 6 heures du matin, un groupe d'individus a forcé la serrure du garage d'Arnaud Vernerey. Leur objectif était précis : s'emparer de cette reproduction à l'échelle 1/2 de la légendaire Ferrari de course. Les traces de pneus sur le carrelage blanc témoignent encore de leur méfait.
Ces cambrioleurs n'étaient pas des amateurs. Ils sont arrivés équipés d'une remorque, ont embarqué le véhicule et ont disparu en quelques minutes. Une opération planifiée qui révèle une connaissance précise de leur cible.
L'œuvre d'un père passionné
Cette Ferrari n'est pas un simple objet de collection. Arnaud Vernerey l'a construite de ses propres mains en 2018, avec l'aide de ses deux fils Romain et Paul, alors âgés de 10 et 8 ans. Quatre mois de travail minutieux pour reproduire fidèlement les courbes, les couleurs bleu ciel et orange, et le sponsor Gulf de l'originale.
"C'est la seule chose qu'il ne fallait pas nous voler", confie le garagiste, visiblement ému. "Tout le reste était remplaçable, mais ça, c'est unique."
Équipée d'un moteur de kart capable d'atteindre 100 km/h, cette voiturette a permis aux deux frères de participer à trois éditions du Mans Classic : 2018, 2022 et 2025. Une tradition familiale brisée par ce vol.
Un patrimoine français vandalisé
Depuis quatre ans, cette réplique trônait dans le hall d'exposition du garage, émerveillant les clients et leurs enfants. "C'était la mascotte du garage", se souvient Arnaud Vernerey. Les petits visiteurs s'installaient au volant, rêvant de gloire automobile française.
Ce vol illustre une dérive inquiétante : plus rien n'est sacré pour certains délinquants. Ils s'attaquent désormais aux symboles de notre patrimoine automobile, à l'artisanat français, au travail d'un père de famille.
La mobilisation pour retrouver la Ferrari
Le propriétaire a immédiatement porté plainte auprès de la gendarmerie. Les caméras de vidéosurveillance ont filmé l'opération, offrant des pistes aux enquêteurs. Estimée entre 7 000 et 12 000 euros, cette pièce unique pourrait réapparaître sur le marché de l'occasion.
Arnaud Vernerey a alerté les collectionneurs et compte sur leur vigilance. "Elle n'a pas de numéro de série, elle est faite main et je pourrai la reconnaître entre mille", assure-t-il.
Cette affaire rappelle l'importance de protéger notre patrimoine contre une délinquance qui ne respecte plus rien. L'espoir demeure de voir cette Ferrari retrouver sa place dans le garage sarthois, auprès de ceux qui l'ont créée avec amour.