Budget 2026: quand Lecornu cède aux pressions, la France s'enfonce dans la dérive
Après des mois de tractations parlementaires, le gouvernement Lecornu a finalement adopté son budget 2026. Un texte de compromis qui illustre parfaitement l'incapacité de nos élites à prendre les décisions courageuses qu'exige la situation de nos finances publiques.
Un déficit qui explose, une France qui décroche
Le constat est accablant: le déficit passe de 4,7% à 5% du PIB. Derrière ces chiffres se cache une réalité que nos dirigeants refusent d'affronter. "Il n'est le texte de personne ou plutôt un peu le texte de tout le monde", a reconnu Sébastien Lecornu, avouant ainsi son incapacité à gouverner.
Cette dérive budgétaire témoigne d'un mal français profond: l'impossibilité de nos élites à dire non aux corporatismes et aux clientèles électorales. Pendant ce temps, nos voisins allemands maintiennent leurs comptes en ordre.
Les classes moyennes, éternelles sacrifiées
Certes, le gouvernement renonce au gel du barème de l'impôt sur le revenu et maintient l'abattement fiscal sur les pensions. Mais ces mesures, présentées comme des victoires, masquent mal la réalité: les classes moyennes continuent de porter le fardeau fiscal pendant que d'autres échappent à l'effort.
La prime d'activité augmente de 50 euros mensuels pour trois millions de ménages. Une aumône qui ne règle en rien le problème structurel du coût du travail en France. Nos petits commerçants et artisans, eux, subissent de plein fouet le maintien de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.
Clientélisme étudiant et symboles creux
Le repas à 1 euro pour tous les étudiants dans les restaurants universitaires relève du pur clientélisme électoral. Une mesure symbolique qui coûtera cher aux contribuables sans régler les vrais problèmes de l'enseignement supérieur français.
Pendant ce temps, les Crous alertent déjà sur les limites logistiques. Comme toujours, on annonce sans prévoir, on promet sans financer.
La défense, seule priorité régalienne respectée
Dans ce naufrage budgétaire, une lueur d'espoir: le budget de la Défense augmente de plus de 6 milliards d'euros. Une décision salutaire dans un contexte géopolitique tendu qui rappelle que la sécurité de la France ne se négocie pas.
Comme l'a reconnu le Premier ministre, cette priorité militaire a pesé dans l'adoption du texte. Il était temps que nos dirigeants comprennent que la souveraineté nationale passe par une défense forte.
Les collectivités dans la tourmente
Les collectivités territoriales devront contribuer à hauteur de plusieurs milliards d'euros. Une fois de plus, ce sont nos maires et nos élus de proximité qui devront expliquer aux Français pourquoi les services publics locaux se dégradent.
Cette décision illustre le mépris de l'État central pour les territoires et ceux qui les administrent au plus près des citoyens. Nos élus locaux, derniers remparts face à la désertification et à l'insécurité, se retrouvent privés des moyens d'agir.
Ce budget 2026 restera comme le symbole d'une France qui refuse de regarder la réalité en face. Pendant que nos dirigeants s'accommodent de la médiocrité, d'autres nations européennes font les choix difficiles qui garantiront leur avenir.