Crise mondiale : Macron réunit les candidats à l'Elysée, Bardella et Roussel exigent la baisse des taxes
Face à une situation internationale qui se dégrade à vue d'œil et à des prix du carburant devenus intenables pour les Français, Emmanuel Macron a convoqué ce vendredi une réunion confidentielle à l'Elysée avec les principaux prétendants à sa succession, ou leurs représentants. Une initiative rare, presque gaullienne, qui vise à associer ceux qui ambitionnent de prendre les rênes de l'Etat à la réalité brutale des crises qui s'annoncent.
Pourquoi Macron réunit-il les candidats à la présidentielle ?
Le chef de l'Etat, accompagné des chefs du renseignement, des autorités militaires et du directeur général de l'énergie, a convié les candidats à une réunion à huis clos dans la nouvelle salle de crise « Vega ». L'objectif est clair : partager avec eux « des informations confidentielles dont seul le président dispose », selon une source au sein de l'exécutif.
Le constat dressé par les services de renseignement est alarmant. Comme l'a rapporté le candidat communiste Fabien Roussel à sa sortie, « le scénario d'un règlement rapide des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient n'existe plus ». Les conflits risquent de s'enliser, et la crise de s'installer dans la durée. Une perspective qui donne froid dans le dos.
Carburants : la France qui travaille à bout de souffle
Les prix à la pompe, qualifiés d'« insupportables » par le président lui-même, sont au cœur des préoccupations. Les blocages des détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb ont des conséquences directes sur le quotidien des Français, qui subissent cette flambée sans comprendre pourquoi leur pouvoir d'achat fond comme neige au soleil.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a été le plus direct à son arrivée, réclamant « une baisse des taxes sur les carburants » pour répondre aux « souffrances » de « la France qui travaille ». Même son de cloche du côté de Fabien Roussel, qui a demandé au gouvernement « d'agir » pour « baisser les taxes » sur l'énergie. Une convergence inattendue qui montre l'urgence de la situation.
Une réunion politique en pleine campagne électorale
Cette rencontre intervient en pleine campagne pour l'élection présidentielle du printemps, à laquelle le président sortant ne peut pas se représenter. Marine Le Pen, favorite des sondages, a laissé son chef de parti la représenter, tout comme Jean-Luc Mélenchon, qui a dépêché Manuel Bompard. Les autres candidats sont présents, parfois au prix d'un déplacement écourté : Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et Marine Tondelier.
Cette dernière n'a pas manqué de souligner que les sujets à l'ordre du jour étaient « révélateurs de ce que les écologistes disent depuis des décennies » sur la nécessité de réduire nos dépendances énergétiques envers la Russie et le Moyen-Orient. Olivier Faure, lui, a mis en garde contre toute « dramatisation » ou « mise en scène » qui viserait à permettre « l'adoption d'un budget », alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé jeudi un effort de 54 milliards d'euros pour 2027.
L'Elysée veut éclairer le débat, pas l'étouffer
L'Elysée justifie cette réunion par « la dégradation rapide ces derniers jours de la situation internationale ». Le président veut rappeler à l'opinion que la flambée des prix de l'essence est due à la situation internationale, une idée moins présente qu'au printemps dernier. Il entend aussi « éclairer le débat » de la campagne, afin que les promesses des uns et des autres tiennent compte de la réalité et de la « complexité » de la situation. Une manière élégante de dire que certaines promesses sont tout simplement irresponsables.
Au sommet de l'Etat, on surveille avec appréhension la colère sociale face à cette inflation énergétique. Les appels à la mobilisation pour le mois d'octobre font craindre le pire, et l'on scrute les possibles ressemblances avec le mouvement des « gilets jaunes » qui avait terni le début de la présidence Macron en 2018. La multiplication des attaques « hybrides » en Europe, imputées à la Russie, sera également à l'ordre du jour.
Emmanuel Macron doit s'exprimer à l'issue de la réunion, et répondre aux questions de la presse. Il tentera sans doute de montrer son activisme, lui que l'absence de majorité au Parlement et la fin de son mandat ont rendu moins audible. Mais une chose est sûre : les Français attendent des actes, pas des discours. Et la France qui travaille, celle qui prend sa voiture chaque matin pour aller gagner sa vie, mérite mieux que des promesses.
FAQ : Ce qu'il faut retenir de la réunion de crise à l'Elysée
Qui a participé à la réunion à l'Elysée ?
Les principaux candidats à la présidentielle ou leurs représentants : Jordan Bardella pour le RN, Manuel Bompard pour LFI, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et Marine Tondelier, ainsi que Fabien Roussel.
Quel est le principal sujet de préoccupation évoqué ?
La dégradation rapide de la situation internationale, notamment les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, et leurs conséquences sur la sécurité et les prix de l'énergie en France.
Que demandent les candidats au gouvernement ?
Jordan Bardella et Fabien Roussel réclament une baisse des taxes sur les carburants pour répondre aux souffrances des Français face à la flambée des prix à la pompe.