Incendie en Gironde : non, les pompiers ne vident pas le lac de Lacanau
Depuis une semaine, le petit port de Lacanau est le théâtre d'un ballet incessant. Camions de pompiers, citernes d'agriculteurs et pick-up équipés de cuves de mille litres se relaient sur les berges pour ravitailler les engins qui luttent contre les reprises de feu. Deux motopompes tournent sans répit. Dans le ciel, Canadair et Air Tractor écopent des milliers de litres avant de repartir vers les flammes. Un branle-bas de guerre qui a débuté le 22 juillet, jour où l'incendie a éclaté à Saumos, et qui s'est intensifié avec l'ampleur du sinistre. Le 31 juillet, le calme est revenu : le feu est désormais contenu dans son périmètre, même si les reprises sont encore nombreuses.
Ce va-et-vient impressionnant a suscité une interrogation légitime chez les riverains. Sans critique, juste une question : le niveau du lac baisse-t-il à cause de tous ces prélèvements ?
Un phénomène naturel bien plus puissant
Frank Quenault, ingénieur au Siaebvelg (Syndicat intercommunal d'aménagement des eaux du bassin-versant des étangs du littoral girondin), est formel : non. « Les pompages restent absolument négligeables », tranche-t-il. Même si des dizaines de véhicules se ravitaillent chaque jour, les volumes prélevés ne pèsent rien face à ce que la chaleur fait perdre au lac.
En cette fin juillet marquée par des températures caniculaires, le principal coupable est l'évaporation. « L'ordre de grandeur est d'environ 150 000 mètres cubes d'eau qui s'évaporent chaque jour sur le lac », précise l'ingénieur. En comparaison, les prélèvements des secours atteignent au maximum quelques centaines de mètres cubes, voire mille dans une hypothèse haute. Soit plus de cent fois moins que l'évaporation quotidienne. « Si l'on remet les ordres de grandeur en perspective, l'évaporation représente au moins cent fois, voire davantage, l'effet des pompages », résume Frank Quenault.
Ce ne sont donc ni les camions, ni les bénévoles, ni les Canadair qui font baisser le niveau du lac. Ce sont les fortes chaleurs. Depuis le début du mois de juillet, le lac perd en moyenne sept millimètres d'eau par jour, contre cinq lors d'un été classique. Une augmentation de 40 %, directement liée aux températures élevées.
Des réserves hivernales qui rassurent
Malgré cette évaporation soutenue, aucune inquiétude à avoir. Les pluies abondantes de l'hiver ont permis de reconstituer les réserves. En février, les ouvrages de régulation avaient remonté le lac jusqu'à environ 13,60 mètres. Aujourd'hui, le plan d'eau se situe autour de 13,25 mètres, un niveau que le Siaebvelg juge tout à fait normal. « C'est le niveau auquel le lac est géré pendant l'hiver. Il n'y a rien d'affolant », souligne Frank Quenault.
En ces temps où l'on cherche volontiers des boucs émissaires, rappelons que la nature a ses propres lois. Et que les pompiers, qui risquent leur vie pour protéger nos forêts et nos villages, ne sont pas responsables de la sécheresse. Une leçon de bon sens qui mérite d'être retenue.
FAQ : ce qu'il faut retenir
Les pompiers vident-ils le lac de Lacanau ?
Non. Les prélèvements des secours sont négligeables (quelques centaines à mille mètres cubes par jour) face aux 150 000 mètres cubes d'eau qui s'évaporent quotidiennement sous l'effet de la chaleur.
Pourquoi le niveau du lac baisse-t-il alors ?
À cause de l'évaporation. Le lac perd en moyenne sept millimètres d'eau par jour en juillet, contre cinq lors d'un été classique, soit une hausse de 40 % due aux températures élevées.
Y a-t-il un risque de pénurie d'eau ?
Non. Les pluies hivernales ont rempli les réserves. Le niveau actuel (13,25 mètres) est normal pour la saison, selon les experts du Siaebvelg.