La semaine politique en Lot-et-Garonne aura été riche en rebondissements, entre annonces hasardeuses, petites phrases et polémiques mémorielles. Tour d'horizon d'une actualité qui en dit long sur nos élus.
Hélène Laporte et les 5 millions fantômes : une mise au point nécessaire
La députée Hélène Laporte a adressé en début de semaine un courrier à la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, évoquant une enveloppe supplémentaire de 5 millions d'euros pour les agriculteurs du département, en plus des 3 millions déjà annoncés. Problème : personne, ni en préfecture ni du côté des services de l'État, n'a confirmé l'existence de cette somme.
Interrogée, la parlementaire a tenté de justifier son erreur par un calcul hâtif concernant les fonds du plan Casi versés par la Région. Une explication peu convaincante qui l'a conduite à retirer rapidement sa missive des réseaux sociaux et à informer la ministre de sa méprise. Une chose est sûre : en ces temps où la confiance dans la classe politique est fragile, ce genre d'étourderie ne fait qu'ajouter à la confusion.
Le string art, une affaire de sous-vêtements qui fait sourire Marmande
On prête souvent au maire de Marmande, Joël Hocquelet, une image d'homme sérieux, voire austère. Pourtant, lors d'une conférence de presse consacrée à un événement jeunesse, l'élu a surpris son auditoire en demandant, l'œil malicieux : « Personne ne va nous expliquer ce qu'est le string art ? » Une question qui a provoqué quelques rires gênés, rappelant que nos édiles savent aussi cultiver l'art de la légèreté, même malgré eux.
Michel Masset, le sénateur insaisissable qui finit toujours par trouver le micro
La vie de sénateur est un marathon permanent entre Paris et le département. À ce jeu, Michel Masset excelle. Mercredi, lors de l'inauguration du Campus du TAG, le parlementaire s'est d'abord fait discret, laissant les promoteurs et financeurs occuper le devant de la scène. Mais comme souvent, il a fini par saisir le micro au moment opportun, juste avant la traditionnelle coupe du ruban. Une habitude bien rodée qui fait sourire ceux qui le connaissent bien.
Le Rassemblement national sur les routes du Lot-et-Garonne
Dorian Lajunie, Joël Masson et Geoffroy Gary, figures militantes du Rassemblement national dans la troisième circonscription, ont sillonné le territoire rural pour distribuer « la lettre de Marine aux buralistes ». Une opération de terrain qui ne manque pas de sel, même si l'on peut s'interroger sur la cohérence d'un tel déplacement alors que le prix du carburant reste un sujet sensible pour les Français.
Gaëtan Malange défend l'usage de l'argent public à Saint-Barthélémy
Le maire de Saint-Barthélémy, également président de LR 47, a tenu à répondre à notre précédente chronique concernant une étude sur les mobilités en cœur de bourg, financée à hauteur de 24 000 euros par des fonds publics. Gaëtan Malange s'inscrit en faux contre toute idée de gaspillage : « Cette étude ne se cantonne pas aux simples appréciations des limitations de vitesse et sens de circulation dans le village de Saint-Barthélémy », précise-t-il, avant d'ajouter : « J'en suis à des dizaines d'heures de travail sur ces dossiers depuis plus d'un an déjà. Donc je voudrais bien qu'on ait l'objectivité de reconnaître qu'il ne s'agit pas de déplacer quelques camions et tracteurs, que l'argent public est bien utilisé. »
Une mise au point légitime, même si l'on peut comprendre que les habitants d'une commune de 549 âmes s'interrogent sur la pertinence d'un tel investissement.
Jules Ferry débaptisé à Tonneins : une décision qui interroge
La majorité municipale de Tonneins a créé la surprise en annonçant que l'îlot Jules-Ferry, destiné à être réaménagé, ne portera plus ce nom. Michel Bigorgne, en charge du dossier, a justifié cette décision par le « passé colonisateur » de l'ancien ministre de l'Instruction publique. Une justification qui laisse perplexe, tant Jules Ferry incarne l'école laïque, gratuite et obligatoire, un pilier de notre République.
L'opposant de gauche Jérémie Bespea s'est d'ailleurs étonné de cette décision, rappelant l'héritage de celui qui a fait de l'éducation une priorité nationale. Une chose est sûre : effacer les noms de ceux qui ont bâti la France ne résoudra pas les défis d'aujourd'hui. Au contraire, c'est en assumant notre histoire, avec ses grandeurs et ses ombres, que nous construirons l'avenir.
Cette semaine politique lot-et-garonnaise illustre une fois de plus le fossé entre les préoccupations des Français et les préoccupations de nos élus. Entre annonces fantaisistes, petites phrases et réécriture de l'histoire, on est en droit d'attendre davantage de sérieux et de respect de l'argent public.