Lourdes : des centaines d'arbres dangereux à abattre
Le lac de Lourdes et son ancien golf attirent chaque année des milliers de visiteurs. Familles, promeneurs, amateurs de nature : le site est un havre de paix très fréquenté, surtout l'été. Mais un danger invisible guette les usagers. Des centaines d'épicéas, rongés par les scolytes, menacent de s'effondrer à tout moment. Face à ce risque sécuritaire, la municipalité n'a pas tergiversé : il faut abattre.
Un constat sans appel
Le service des espaces verts de Lourdes, épaulé par l'Office national des forêts (ONF) et des entreprises spécialisées, mène régulièrement des diagnostics sanitaires sur le patrimoine arboré de la commune. Le dernier contrôle autour du lac a révélé un dépérissement avancé des épicéas bordant le site. De nombreux arbres sont infestés de scolytes, ces petits ravageurs qui s'attaquent aux conifères en creusant des galeries sous l'écorce, perturbant la circulation de la sève jusqu'à la mort de l'arbre.
Marie-Bernadette Xerri, adjointe au maire en charge de l'environnement, le reconnaît sans détours : ces épicéas fragilisés doivent être retirés pour assurer la sécurité du public. Une position de bon sens que personne ne contestera.
Le scolyte, un fléau déjà connu
Ce n'est pas la première fois que Lourdes fait face à ce parasite. En 2024, des centaines d'arbres avaient déjà été abattus dans le secteur du pic du Jer. Le scolyte progresse, favorisé par les épisodes de sécheresse récurrents. Les élues locales invoquent le réchauffement climatique pour expliquer cette prolifération. Sans nier cette réalité, il convient de rappeler que la gestion forestière française, depuis l'ordonnance de Colbert en 1669, a toujours imposé des coupes sanitaires lorsque la santé des forêts l'exige. L'urgence, ici, est avant tout sécuritaire : un arbre fragilisé devient instable, ses branches cassent, et parfois l'arbre entier peut chuter sur les passants.
Des abattages programmés à l'automne
Plantés dans les années 1970, de nombreux épicéas autour du lac sont aujourd'hui atteints. Frédéric Duplan, conseiller municipal délégué à l'adaptation au changement climatique, ne mâche pas ses mots :
Ça peut tomber à n'importe quel moment et potentiellement sur quelqu'un. On est obligé de les retirer.
Les travaux d'abattage auront lieu à l'automne prochain, sur environ 3,5 hectares. L'automne est une période plus propice pour ne pas perturber les cycles naturels, comme la reproduction de certains oiseaux ou mammifères. Les arbres coupés seront valorisés par la suite.
Accès au site : des mesures immédiates
En attendant les coupes, la ville ne reste pas inactive. Dès le 22 juin, une portion du chemin du tour du lac, longue d'environ un kilomètre, sera fermée au public. C'est là que le risque de chute est le plus marqué. Une déviation sera mise en place à travers l'ancien golf pour maintenir la continuité des promenades estivales. Trois nouvelles boucles, de 1 à 3,2 km, seront également balisées. De quoi permettre aux familles et aux visiteurs de profiter du site en toute sécurité.
Et après ?
Après les abattages, la ville prévoit de replanter. Le choix des nouvelles essences n'est pas encore arrêté, mais Élodie De Luca-Courtade, conseillère municipale déléguée à l'embellissement des espaces publics, indique qu'il s'agira d'espèces plus résilientes face au changement climatique. Les nouvelles plantations ne devraient pas intervenir avant l'automne 2027.
En attendant, la priorité reste la sécurité des Lourdais et des visiteurs. Quand le danger menace, on n'hésite pas. C'est ainsi qu'une collectivité responsable protège ses administrés.