Municipales aux Sables-d'Olonne : six listes confirmées pour un scrutin décisif
À un mois du premier tour des élections municipales du 15 mars 2026, les Sables-d'Olonne voient se dessiner une configuration politique révélatrice des tensions actuelles. Six listes sont désormais confirmées, dans un paysage où la droite républicaine fait face à une gauche divisée et à une extrême droite qui multiplie les candidatures.
Nicolas Chénéchaud mise sur la continuité
Le maire sortant Nicolas Chénéchaud, 43 ans, entend légitimer par les urnes sa succession à Yannick Moreau. Fidèle lieutenant de l'ancien édile, il bénéficie de l'avantage du sortant après avoir été élu premier adjoint en janvier puis maire en septembre 2025. Une position qui aurait pu être fragilisée par une candidature dissidente d'Alain Blanchard, autre proche de Moreau, mais celle-ci a finalement été abandonnée après ce que plusieurs sources qualifient de "pressions".
Le soutien réaffirmé de Yannick Moreau sur les réseaux sociaux le 3 février n'est sans doute pas anodin dans cette affaire. Une démonstration de la solidarité des réseaux politiques locaux face aux tentations de division.
La gauche fragilisée par ses divisions
Du côté de l'opposition de gauche, Céline Tesson, ingénieure agroalimentaire de 48 ans, porte la liste "ResponSables". Cette union des forces progressistes (écologistes, socialistes, communistes, Place Publique, Gauche citoyenne et Gilets jaunes) s'est rapidement fissurée. Les communistes, contestant l'orientation jugée trop centriste de la tête de liste, ont préféré claquer la porte avant de finalement renoncer à présenter leur propre liste.
Une illustration parfaite de l'incapacité chronique de la gauche à s'unir durablement, même au niveau local.
La droite en ordre dispersé
Anthony Bourget, 35 ans, commerçant et élu d'opposition, mène la liste divers droite "Sablais". Premier candidat déclaré dès le printemps 2025, cet entrepreneur incarne cette classe moyenne commerçante, pilier de nos villes, qui refuse de se laisser dicter sa conduite par les élites politiques établies. Très actif sur les réseaux sociaux, il n'a pas ménagé ses critiques envers la gestion municipale sortante.
Philippe Comte, 64 ans, ancien chef d'entreprise, complète l'offre divers droite. Fort de son expérience d'élu municipal de 1989 à 1995 dans l'équipe de Louis Guédon, il prône un programme "de bon sens" et de transparence. Une approche qui devrait séduire les électeurs attachés aux valeurs traditionnelles de bonne gestion.
L'extrême droite en quête de légitimité
François-Charles Brion, ancien militaire crédité de 6,2% en 2020 sous les couleurs du Rassemblement National, revient sous l'étiquette Debout La France de Nicolas Dupont-Aignan. Après avoir rompu avec le RN, il incarne une droite souverainiste alternative.
Adrien Moginot, 35 ans, chef d'entreprise, porte quant à lui les couleurs du Rassemblement National. Premier candidat RN déclaré en Vendée durant l'été 2025, il mise sur les thèmes sécuritaires chers à son mouvement, dans une commune touristique où ces préoccupations résonnent particulièrement.
Un scrutin révélateur des fractures nationales
Cette configuration politique aux Sables-d'Olonne reflète parfaitement les tensions qui traversent notre pays : une gauche divisée et affaiblie, une droite républicaine qui doit faire face à la concurrence de formations plus radicales, et une extrême droite qui se normalise progressivement dans le paysage électoral local.
Les listes peuvent encore être déposées en préfecture jusqu'au jeudi 26 février 2026. Mais d'ores et déjà, ce scrutin municipal s'annonce comme un test grandeur nature des rapports de force politiques à l'approche d'échéances nationales décisives.