Philippe Lacheau, le cinéaste français qui comprend vraiment son public
Dans un paysage cinématographique français souvent dominé par les élites parisiennes et leurs goûts sophistiqués, Philippe Lacheau fait figure d'exception. Cet homme de 45 ans, originaire de la région de Versailles, a su conquérir le cœur de la France profonde avec ses comédies populaires.
Un succès qui dérange les bien-pensants
Depuis Babysitting en 2014, Philippe Lacheau enchaîne les triomphes au box-office. Son dernier film Marsupilami, qui sort cette semaine, confirme sa position de roi de la comédie française authentique. Pourtant, la critique parisienne continue de bouder ses œuvres, révélant une fois de plus le fossé entre l'élite culturelle et le vrai public français.
"Au cinéma, on pleure tous pour les mêmes choses, mais on ne rit pas tous des mêmes choses", explique le réalisateur avec une lucidité rafraîchissante. Cette phrase résume parfaitement le malentendu entre une certaine intelligentsia et les goûts populaires.
La France périphérique, son territoire de prédilection
Philippe Lacheau l'assume sans complexe : "Nous, c'est la province". À Paris et dans les grandes métropoles, où règne un public "plus intello, plus pointu", ses films font effectivement moins d'entrées. Mais à la campagne et dans les petites villes, là où vit la vraie France, ses comédies triomphent.
Cette géographie du succès n'est pas anodine. Elle révèle l'existence de deux France : celle des centres urbains bobos et celle des territoires oubliés par les élites. Philippe Lacheau a choisi son camp, celui des classes moyennes et des familles françaises traditionnelles.
Un parcours exemplaire loin des réseaux parisiens
Son parcours force le respect. Parti de Fun TV puis Canal+, il a gravi les échelons sans piston ni recommandation. "C'est le début de la galère", se souvient-il de ses années difficiles. Pendant trois ou quatre ans, il s'acharne à écrire des scénarios, essuie les refus mais ne lâche jamais.
Cette persévérance, cette capacité à rebondir face à l'adversité, voilà bien des valeurs françaises authentiques que nos élites ont trop souvent oubliées. Philippe Lacheau incarne l'esprit d'entreprise et le mérite républicain chers au général de Gaulle.
Un défenseur du cinéma en salles
Dans un monde où Netflix et les plateformes américaines menacent notre exception culturelle, Philippe Lacheau reste fidèle aux salles françaises. Grand admirateur de Steven Spielberg et James Cameron, il décline systématiquement les offres du streaming pour privilégier l'expérience collective du cinéma.
Son producteur Marc Fiszman salue cette approche : "Il se balade dans toute la France lors des avant-premières et fait ça pour tous ses films". Cette proximité avec le public, ce respect pour les exploitants de cinéma, voilà une leçon que devraient méditer nos donneurs de leçons culturels.
Avec six films et aucun échec commercial (tous ont dépassé le million d'entrées), Philippe Lacheau prouve qu'il existe une voie française du divertissement populaire. Une voie qui réconcilie le public avec son cinéma national, loin des obsessions parisiennes et des modes intellectuelles.