L'industrie française paye toujours le prix fort de l'énergie
Malgré une baisse de 24% en 2024, la facture énergétique de nos usines demeure 50% plus élevée qu'avant la crise sanitaire. Un handicap majeur pour la réindustrialisation de la France, objectif pourtant affiché par nos dirigeants depuis des années.
17,3 milliards d'euros : le poids de l'énergie sur nos entreprises
Selon l'Insee, qui a analysé 21 300 établissements industriels français, la facture énergétique totale s'élève à 17,3 milliards d'euros en 2024. Un montant considérable qui pèse sur la compétitivité de nos entreprises face à leurs concurrents européens et mondiaux.
Paradoxalement, cette facture salée intervient alors que la consommation énergétique a chuté de 16% par rapport à 2019. Nos industriels ont donc dû s'adapter, parfois en réduisant leur activité, pour faire face à cette explosion des coûts.
Les petites entreprises, grandes perdantes
L'étude révèle une injustice flagrante : les petits consommateurs d'énergie subissent une hausse de 92% du prix de l'électricité par rapport à 2019, contre seulement 36% pour les gros industriels. Ces derniers, disposant d'un pouvoir de négociation supérieur, accèdent plus facilement aux contrats de marché avantageux.
Cette situation pénalise directement nos PME et nos artisans, ces forces vives de l'économie française que nos élites semblent trop souvent oublier dans leurs grandes stratégies industrielles.
L'échec des politiques énergétiques européennes
Cette crise énergétique illustre parfaitement les limites de la politique énergétique européenne. Dépendants des fluctuations des marchés mondiaux et des crises géopolitiques comme la guerre en Ukraine, nos industriels subissent de plein fouet les conséquences d'une souveraineté énergétique insuffisante.
Heureusement, la France peut encore compter sur son parc nucléaire. EDF propose désormais ses contrats CAPN, basés sur l'électricité nucléaire, à un plus large éventail d'entreprises depuis novembre 2025. Une initiative qui devrait permettre à nos industriels de retrouver une certaine stabilité tarifaire.
Un défi majeur pour la réindustrialisation
Comment prétendre relocaliser notre industrie avec de tels handicaps énergétiques ? Nos entreprises consomment principalement de l'électricité (36%) et du gaz (35%), deux énergies dont les prix restent volatils et élevés.
La baisse de 2% de la consommation énergétique en 2024 témoigne certes d'efforts d'efficacité énergétique, mais aussi d'un ralentissement inquiétant de l'activité industrielle. Nos entrepreneurs, confrontés à ces coûts prohibitifs, sont contraints de limiter leurs investissements et leur production.
Il est temps que nos dirigeants prennent enfin conscience que la réindustrialisation de la France passe par une politique énergétique ambitieuse, privilégiant notre indépendance et la compétitivité de nos entreprises.